CHU de Tengandogo ( Ex Hôpital national Blaise Compaoré ) : « Quasiment rien n’y fonctionne »

« Sa première pierre a été posée le mardi 10 juillet 2007 par le président du Faso. Les travaux de sa construction ont démarré le 12 mars 2008. Et le lundi 25 octobre 2010, son ruban d’inauguration a été coupé par le même président. Lui, c’est le Centre hospitalier moderne de Tengandogo. Il est le plus grand du Burkina et se veut être un centre d’excellence dans le domaine des soins dans la sous-région ouest-africaine. Il s’appellera désormais, Hôpital national Blaise Compaoré (HNBC) » Ainsi titrait lefaso.net en sa parution du 26 octobre 2010.

Aujourd’hui « l’hôpital autrement » Comme il se plaît de l’appeler est devenu « l’hôpital dans la déchéance ». Quasiment rien n’y fonctionne. Allant de l’IRM (la seule dont dispose l’état burkinabè n’en déplaise au SG du ministère de la santé) à la TDM en passant par le bloc central et la pharmacie hospitalière rien ne fonctionne aujourd’hui.

En août 2019 le bloc central a été fermé jusqu’à nouvel ordre, pour cause de climatisation défectueuse. Concernant l’imagerie médicale, l’IRM et la TDM sont à l’arrêt depuis plus d’une année, voire plusieurs années pour l’IRM. Des appareils qui n’ont quasiment jamais bien fonctionnés. Quant à la pharmacie hospitalière, les médicaments font gravement défaut. Aujourd’hui au CHUT, on ne se demande plus qu’est ce qui ne marche pas, mais plutôt qu’est ce qui marche convenablement. Et l’on pourrait être stupéfait par la réponse : RIEN.

Cette situation augment le calvaire des usagers qui sont obligés de quitter l’hôpital pour aller ailleurs faire les examens ou payer les médicaments. Au vu de l’emplacement excentré de cet hôpital, l’on peut aisément comprendre la peine des malades et de leur accompagnateur.

À qui profite la déchéance de nos hôpitaux publics ? En effet, nullement une structure privée ne peut se permettre de fermer son imagerie médicale pendant des mois. Comment peut-on accepter que l’hôpital qui était censé être une référence dans la sous-région ferme son bloc central depuis des mois à cause de la climatisation ?

Si le modèle de gouvernance de nos hôpitaux publics ne marche pas, et cela depuis des lustres, ayons au moins l’intelligence d’accepter ou de mettre en place une réforme qui se veut pragmatique et basée sur des résultats.

Dr Arouna Louré

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