Centre de radiothérapie de Bogodogo : un colosse aux pied d’argile

Sa première pierre posée le samedi 06 avril 2019, le centre de radiothérapie de Bogodogo semble être un colosse au pied d’argile. En effet, ce centre qui a été inauguré en grande pompe le 09 avril dernier ne semble avoir aucune disposition légale à ce jour pour pouvoir être fonctionnelle. Aucune loi, aucun décret à ma connaissance ne porte sur sa création, encore moins sur son modèle de gestion. De même, quoique construit sur le site du CHU de Bogodogo, le centre n’y est pas affilié. À cela il faut ajouter qu’il ne peut être défini comme un hôpital, car il n’en présente pas les caractéristiques. C’est à se poser la question si cela est du laxisme, de l’incompétence ou juste un jeu d’intérêt. De mon avis, c’est l’une des preuves que nous n’avons pas encore intégré que le nœud des problèmes du monde de soins repose sur la question centrale de « comment faire fonctionner convenablement et pérennement nos établissements de santé. »

Sans disposition juridique, ce centre ne serait ni plus ni moins qu’un centre illégal s’il venait à soigner un seul patient. Mais avant cela, nous espérons déjà voir le centre être fourni d’un personnel adéquat et qualifié ayant un statut juridique.

Aujourd’hui l’une des options qui s’offrent à nous est d’intégrer ce centre comme un service (un departement) du CHU de Bogodogo (avec peut-être un décret ou un arrêté spécifique complémentaire) afin que les malades cancéreux puissent bénéficier d’une prise en charge globale. Il faut le savoir, le patient cancéreux dans sa prise en charge a besoin de moult spécialistes, notamment d’un oncologue, d’un chirurgien, d’un radiothérapeute qui ensemble devront définir les séquences de prise en charge du cancer. À ces derniers, il faudra ajouter d’autres spécialistes qui devront intervenir dans le circuit de prise en charge du patient.

Cependant, ce qui semble se dessiner, serait que ce nouveau centre soit érigé en un nouveau établissement public d’État; bien que les EPE soient tributaires de la subvention de l’État, mais que certains d’entre eux sont de vraie machine à sous.

Si nous voulons que ce centre puisse bien fonctionner et pérennement, nous avons tous intérêt à poser les bonnes préoccupations afin d’avoir les bonnes solutions. Mais par dessus tout, nous devons absolument sortir du jeu d’ego qui nuit depuis longtemps à la bonne marche des services de santé. Car la question centrale est de trouver la meilleure façon de faire fonctionner ce centre pérennement.

Pour terminer, je dirai encore merci aux donateurs et à toutes les bonnes volontés qui ont contribué à la réalisation du centre.

Dr Arouna Louré

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