CONFLIT FONCIER AU BURKINA FASO : L’Ordre des notaires du Burkina Faso veut prévenir le dérapage 

Le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, a reçu ce matin en audience, l’Ordre des notaires du Burkina Faso, conduit par son président, Me Soumaïla Dakuo. Les échanges ont porté essentiellement sur les préoccupations de l’Ordre, la problématique du foncier et son soutien au gouvernement pour la cohésion sociale. Il a aussi reçu à la suite de cette délégation, l’Association des cimentiers du Burkina. Il était question des contraintes que la filière connait, mais aussi de la construction d’une 7e cimenterie au Burkina Faso.

L’Ordre des notaires du Burkina Faso et l’Association des cimentiers du Burkina étaient chez le président du Faso

Le Burkina Faso est l’un des pays en Afrique subsaharienne où la question du foncier est perçue comme une bombe à retardement. Les débats sur le sujet font le bon train dans les différents think thank. Pour prévenir les probables conflits liés à la question, l’Ordre des notaires du Burkina Faso, conduit par son président, Me Soumaïla Dakuo a échangé avec le président du Faso. A l’issue des échanges avec Roch Marc Christian Kaboré, c’est un satisfecit qui se dégage chez Me Soumaïla Dakuo, qui note la nécessité de renforcer l’Ordre par le recrutement de nouveaux notaires.

Me Soumaïla Dakuo – Président de l’Ordre des notaires

Le président de la faitière a confié que lui et ses pairs sont allés témoigner au chef de l’Etat leur soutien et disponibilité à accompagner le gouvernement dans la consolidation de la paix.
« Le notaire est un acteur de la paix et c’est aussi un acteur très incontournable dans la prévention des conflits. A ce titre, ils sont de plus en plus sollicités à tous les niveaux ou les parties veulent prévenir les différends. Nous sommes donc venus témoigner au chef de l’Etat notre soutien et notre disponibilité, à accompagner le gouvernement dans la consolidation de la paix », a confié le président de la faîtière, Me Soumaïla Dakuo.

Qu’est-ce qu’un Notaire ? 

Aux termes des dispositions de l’article 4 de la loi 021-2019/AN du 07 Mai 2019 portant statuts des notaires au Burkina Faso : « Le notaire est un officier public nommé pour assurer un service public de la preuve. A ce titre, il reçoit tous les actes et contrats auxquels les parties doivent ou veulent faire donner le caractère d’authenticité attaché aux actes de l’autorité publique et pour en assurer la date, en conserver le dépôt, en délivrer des copies exécutoires, des extraits et expéditions. Il est conseil juridique de son client à l’occasion des actes instrumentés par son ministère. »

Officiers publics, ils sont nommés par décret en conseil des ministres sur proposition du Ministre en charge de la Justice, et ils détiennent le sceau de l’Etat, ce qui matérialise la délégation de certaines prérogatives de puissance publique.

Il a par ailleurs indiqué qu’au cours des échanges, ils ont partagé avec le chef de l’Etat certaines préoccupations de la corporation notariale notamment en « matière en foncière et la contribution que l’Ordre des notaires peut apporter à cette matière ».

« Car comme vous le savez, les conflits fonciers s’amplifient et s’amplifieront de plus en plus si rien n’est fait dès maintenant pour les prévenir… Et nous croyons que la faîtière des notaires peut être un acteur clé dans cette prévention », a fait remarquer Me Soumaïla Dakuo.

Me Dakuo à du reste laissé entendre que de leurs doléances et préoccupations, le chef de l’Etat a été très attentif et des échanges, il s’est dégagé la nécessité de renforcer nos membres par un recrutement de nos membres. Ceux a quoi l’ordre des notaires s’est engagé à exécuter très bientôt.

Une 7e cimenterie au Burkina Faso

A la suite de cette rencontre, le président burkinabè a aussi reçu l’Association des cimentiers du Burkina (ACB). La délégation conduite par le président de l’ACB, Hippolyte Guinguéré. Il était question des contraintes que la filière connaît, mais aussi de la construction d’une 7e cimenterie au Burkina Faso.

Hippolyte Guinguéré – président de l’Association des cimentiers du Burkina (ACB)

A sa sortie d’audience, le président de l’ACB, Hippolyte Guinguéré a confié que son équipe a fait le point de l’industrie du ciment au Burkina Faso mais aussi, il lui a exposer leurs difficultés, notamment celles liées à l’importation de la matière première et à la surproduction.

Sur l’état des lieux de la filière, Hippolyte Guinguéré a fait savoir que le Burkina Faso dispose de 6 cimenteries qui produisent a elle seule, 6 millions 700 mille tonnes de ciment par an Pourtant, la demande au Burkina Faso est de 3 millions. Ce qui pousse les industriels du ciment à ramener leur de leurs capacités de production actuellement à 50%. « Nous sommes une industrie lourde, qui crée des emplois. Avec les six cimenteries, nous avons plus de 15 000 personnes qui y travaillent », a fait savoir le président de l’ACB. L’homme a par ailleurs annoncé le Burkina s’apprête à rendre opérationnelle d’ici à 202 une 7e cimenterie.

Au nombre de la composition de cette équipe y figurait le ministre de tutelle de l’Association, Harouna Kaboré. Prenant la parole, il a expliqué que parmi ceux qui continuent de croire à la destination Burkina Faso, il y a encore les cimentiers.

« Nous pouvons donc les accompagner et les encourager. Sur les questions soulevées, il y a un travail technique que nous sommes en train de faire au niveau du département et des ministères partenaires », a indiqué pour sa part le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat Harouna Kaboré. Pour lui, la filière carrière et matériaux est porteuse et qu’un travail est en cours pour booster cette filière à travers un plan d’industrialisation accélérée.

Par Ibrahima Kaliloullah 

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