Air Burkina : un avion sur 5 opérationnel

 

La compagnie nationale, Air Burkina, ne dispose plus qu’un seul avion pour ses vols. La semaine dernière, elle a reçu une injonction de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) de garder au sol un de ses avions. Une situation qui inquiète, énerve et embarrasse les nombreux travailleurs de la compagnie.

La flotte de Air Burkina comprend 5 avions, dont 2 Embraers 170, 1 Embraer 175 et 2 Embraers 195. Les 2 Embraers 170 qui sont les plus anciennes acquisi- tions sont garées depuis 2018. Dans le jargon de l’aéronautique, on dirait que ces 2 avions sont devenus des épaves. Les 3 autres avions font partie des nouvelles acquisitions de la compagnie. Depuis maintenant un an, un des 2 Embraers 195 seraient au garage. La compagnie payerait les frais de location de cet avion qui ne vole plus. Il ne reste plus qu’un Embraer 175 et un195. L’ANAC vient de clouer au sol l’Embraer 175 pour des raisons techniques. L’avion ne garantissant pas toutes les mesures de sécurité. La compagnie ne dispose plus que du seul Embraer 195 pouvant transporter 104 passagers, dont 12 en business classe et 92 en classe économique. Le seul avion devrait des- servir toutes ses 9 destinations, à savoir Bobo-Dioulasso, Abidjan, Bamako, Accra, Lomé, Cotonou, Niamey, Dakar, Libreville. Pendant combien de temps tiendra-t-il ? Son certificat de navigabilité s’expire d’ici peu de temps.
Une source interne à l’ANAC rassure. Les pannes peuvent survenir dans la vie d’un avion. C’est la gestion des pannes qui est le plus important. Dans le cas présent, Air Burkina a été alertée aussi bien par la sécurité aérienne que par les pilotes de l’avion. L’insuffisance de gestion de la panne a conduit à la décision de garder l’appareil au sol. Dès que la panne sera réparée, l’avion sera autorisé à voler.
Pourquoi cette panne connue à l’avance n’a-t-elle pas été réparée ? Une question légitime, puisque les 02 épaves que la compagnie contemple sous son hangar disposent de pièces qui peuvent servir à maintenir en vol cet avion. Quatre avions sur cinq à l’arrêt. Cela n’est pas de nature à améliorer la situation difficile de la compagnie. En effet, elle a gardé ses avions au sol pendant une période à cause de la fermeture des frontières occasionnée par la Covid-19. Des
grosses pertes ont été enregistrées.
afin d’aider la compagnie. Malgré tout, l’Embraer 195 est resté au sol pendant que le prix de la location est versé au propriétaire. Cette situation relance le débat sur les choix opérés par les autorités en charge de la compagnie. En effet, suite à l’acquisition des 3 derniers avions pour permettre à la compagnie de garder difficultés interviennent au moment où le Burkina Faso a signé le 20 octobre 2020, une convention de cession de Air Burkina avec la société américaine African Global Development (AGD). A travers cette convention qui est une privatisation en réalité, AGD s’engage à fournir des avions Airbus, dont des A 220, A300 et des A 350. Elle a prévu aussi 4 avions hélices pour desservir Bobo-Dioulasso de manière quotidienne et d’autres villes du pays. Le coût total de l’investissement est d’environ 250 millions d’euros (environ 160 milliards FCFA). C’est dans l’attente de la venue de AGD que le 21 janvier 2021, le ministre burkinabè des Trans- ports, Vincent Timbindi Dabilgou, a reçu en audience une délégation du construc- teur Airbus pour discuter de l’acquisition d’avions Airbus A220.
Ces échanges entrent dans le cadre du partenariat avec le Groupe américain AGD, selon un communiqué publié sur la page Facebook du ministère des Transports. Toujours selon le même communiqué, les discutions ont porté sur « les spécifications techniques devant concourir à la fabrication d’aéronefs adaptés en termes de capacité, d’équipage et de marché ». Le ministre a souhaité que l’acqui- sition puisse se faire au plus tard en juillet 2022. En attendant cette date, que faire ? La nécessité pour la compagnie d’injecter de l’argent dans l’entretien des 3 avions s’impose. Pour ce faire, la Direction générale de Air Burkina doit revoir son management.

L’Économiste du Faso

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