Retrait de certaines chaines du bouquet de la TNT : la mise au point de Remis Fulgance Dandjinou

La TNT est faite pour apporter au burkinabè le maximum d’offres télévisuelles. Nous avons aujourd’hui une couverture de 98% du territoire. Cela veut dire que quelle que soit la zone du burkina où vous trouvez à l’exception de quelques poches, si vous avez l’antenne appropriée, vous avez la TNT. Malheureusement, nous avons des chaînes de télé qui n’ont pas respecté le principe de jeu. Nous avons arrêté la redevance qui est annuelle avec une discussion autour de la table. Je dois préciser que pour que les acteurs puissent porter leur message, nous avons associé les représentants de l’ UbSTV lors du comité de pilotage alors qu’ils n’y sont pas. Et les choses ont été arrêtées. Il s’avère qu’avec la COVID-19 les conditions sont difficiles. Nous avons donc reçu l’UbSTV et leur avons dit certes nous avons signé un décret, les conditions sont difficiles, faites un effort afin que nous ne soyons pas dans une situation de non-payement. Premier effort à faire, c’est de signer les contrats. Les entreprises ont refusé de signer les contrats, mais voulaient faire une avance. On ne peut pas faire une avance sur un contrat qui n’existe pas. Je rappelle que d’autres entreprises ont signé, ont payé l’entièreté. On ne peut donc pas dans une situation comme cela permettre à certains de payer et à d’autres de ne pas payer. J’ai demandé simplement qu’un effort soit fait sur cette question. Certains ont refusé de le faire d’autres par contre l’on fait. Ce qui fait que l’avance qu’ils ont payée m’a permis d’écrire au Premier ministre pour demander pour qu’il n’y ait pas de suspension. Mais elles ont dû signer les contrats d’abord ensuite elles ont payé une avance. Celles qui ont refusé de signer les contrats et payer l’avance ont été retirées du bouquet. Il faut que l’on soit dans la légalité. Pendant deux ans, nous avons diffusé gratuitement au niveau de la SbT. C’est une entreprise qui doit assurer un minimum de charge et j’ai demandé aux acteurs de faire ce geste-là. beaucoup de médias se disent qu’elles vont émettre sur Canal plus. C’est un choix. Mais vous pensez en tant que burkinabè de valoriser votre contenu national pour être sur un contenu international. Dans 5 ans, la SbT va disparaître et c’est des acteurs étrangers qui vont nous dicter ce que nous devons faire dans notre télévision. Ce n’est pas seulement un choix économique, c’est un choix politique. C’est un choix de stratégie de développement de notre entité. Ceux qui veulent rester sur canal y resteront. Mais la SbT doit permettre à tous les burkinabè d’avoir plus de contenus. On me dit par exemple, il faut diffuser gratuitement la RTb sur canal, je dis non.

M. Remis Fulgance Dandjinou

Le jour où cela va se faire les gens n’iront plus sur la TNT. L’objectif de la SbT ce n’est pas d’avoir seulement que la RTb, c’est d’avoir tous les acteurs. Regardez les autres chaines, elles diffusent en fulfuldé, en haoussa. L’objectif, c’est de prendre notre contenu et de nous dicter ce qui va être conçu dans notre information. C’est le débat qui est là aujourd’hui. Dans tous les pays développés 15 à 20% des produits sont créés par le monde de la communication. Est-ce qu’on veut laisser d’autres personnes venir prendre cette richesse et priver le burkina de travail et d’emploi. C’est un débat qui est posé.

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