Lecture critique du programme politique du SOLEIL D’AVENIR : Pr Abdoulao Soma

Plaqué sur la page de garde «RÉVOLUTIONNER LE FASO», il s’agit d’un document comportant 15 engagements du candidat, dont certains ont été développé sur un ou deux paragraphes sur la moitié d’une feuille.
C’est un document autocentré sur le candidat avec quelques contre vérités historiques. En effet le candidat dit : « Les grands dirigeants politiques actuels du Pays, qu’ils soient de la majorité gouvernante ou de la minorité opposante, étaient ensemble dans le même bloc politique pendant la période révolutionnaire. » De quelle période révolutionnaire s’agit-il ? Ceux là sont ceux de la rectification, ceux de l’Organisation pour la démocratie populaire/Mouvement du travail (ODP/MT). En 1989 pour son premier post ministériel, Roch Marc Christian KABORÉ est nommé ministre des Transports et de la Communication. Quant à Zephirin DIABRÉ, il est nommé ministre de l’Industrie, du Commerce et des Mines en 1992.
Tout au long de la lecture, le candidat vente son profil comme étant le meilleur choix pour la gouvernance de ce pays. Cependant , le candidat aurait mieux fait en nous disant quel est son profil, mais surtout pourquoi ce profil est le bon au lieu de démontrer que les autres n’ont pas le bon profil. Surtout quand les arguments avancés tendent à réécrire l’histoire.
L’idée d’un ministre par région pour éviter les disparités, nous laisse croire que les postes ministériels sont des récompenses et non une invitation à bâtir une nation prospère : le Burkina Faso. De même, basé le succès de sa politique sur un nombre réduit des membres du gouvernement (15) serait trop simpliste.
Concernant les bourses pour les élèves et les étudiants, estimées à 100 milliards par an, cela sera une grosse dépense étatique sans réel apport. Car même dans nos villages les plus reculés 1000 f par mois soit 10.000 par an ne permet pas de scolarité un enfant au CP1. De même ce serait inconséquent de dépenser autant d’argent sachant qu’il y a encore des écoles sous pailles. Croire que le problème de l’éducation Burkinabè sera réglé par des bourses tout azimut (seul point abordé dans le programme ) prouvent que le diagnostic n’a pas été posé au préalable.
A lire ce programme notamment la création de 10.000 emplois par an en donnant 2 milliards par an répartie à 2.000 personnes (1 million par personne), doublement des salaires de base, 30.000 f aux 5.000 personnes les plus âgées, une province un milliard par an, l’on comprend aisément avoir à faire à un candidat qui veut redistribuer les dividendes économiques tout en ignorant qu’il faut créer ces dividendes. Ces mesures de la distribution de la richesse nationale auraient plus de poids, si elles étaient accompagnées d’une explication de la manière dont on créera cette manne financière.
Le volet judiciaire, qui fait moins d’une demi page, nous dit que le ministre de la justice garde des sceaux et le président du conseil constitutionnel seront élus directement par le peuple, sans donner la modalité de ces élections. Des postes à Vie ? Pour un pays pauvre, quel sera le coût ?
Pour conclure, il s’agit d’un programme politique qui ne pose ni les problèmes à plus fortes raisons le diagnostic de ces problèmes ; un programme politique qui ne crée aucune richesse financière mais hyper généreux. Les 15 points de ce programme sont des épiphénomènes de quelques préoccupations du peuple, mais surtout du candidat lui-même qui les juge importantes. Appliqué dans sa totalité, nous aurions l’impression d’avoir un roi généreux le premier trimestre de sa gouvernance, puis le pays tombera en banqueroute.
De ce programme politique, je comprend qu’un bon technicien, ne fait absolument pas systématiquement un bon politicien.

Dr LOURÉ Arouna

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