La Chronique matières premières agricoles au 13 novembre 2020

Les places financières ont terminé en baisse hier mais essentiellement sur des prises de bénéfices après les belles hausses en début de semaine : les marchés avaient, en effet, été stimulés par les annonces de Pfizer et BioNTech sur l’efficacité de leur « candidat vaccin » contre le coronavirus. Ceci dit, les nouvelles du front de la pandémie demeurent très alarmantes – plus de 100 000 nouveaux cas quotidiens aux Etats-Unis…- suscitant toujours des craintes pour l’économie car ce nombre de cas va de pair avec les nouvelles mesures de distanciation sociale aux Etats-Unis et la confirmation du confinement en France, comme ailleurs en Europe.

En outre, les chiffres sont tombé confirmant la baisse inattendue de 0,4% de la production industrielle dans 19 pays de l’Union européenne (UE), ce qui correspond à une baisse de 6,8% par rapport à septembre 2019. Il s’agit du quatrième mois consécutif de dégradation de la tendance pour la production industrielle, qui avait affiché en mai un rebond de 12,5%, rappelle Reuters. En glissement annuel, le seul pays de la zone euro dont la production a augmenté est le Portugal.

Le dollar a cédé du terrain hier soir face aux autres grandes devises et l’euro est remontée à plus de 1,18. Il a ainsi regagné la majeure partie du terrain perdu la veille après le discours de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, perçu comme une confirmation de l’hypothèse d’une nouvelle augmentation des achats d’actifs de la BCE le mois prochain.

De son côté, le marché pétrolier a baissé suite à l’annonce par l’Energy Information Administration (EIA) américaine d’une hausse inattendue des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière (+4,3 millions de barils alors que le consensus tablait sur une baisse de 913 000 barils). Le baril de Brent a donc terminé hier soir à $ 44,11 et le brut léger américain (WTI) à $ 41,83.

CACAO – CAFÉ – CAOUTCHOUC – COTON – HUILE DE PALME – RIZ – SUCRE 

CACAO

Rebelote ! Londres glisse alors que New York grimpe, les marchés monétaires ayant, en définitive, toujours le maître mot. Ainsi, partie de $ 2 338 vendredi dernier, la tonne de cacao a terminé hier soir à $ 2 343 à New York, tandis qu’à Londres, elle a glissé de £ 1 611 à £ 1 602.

En Côte d’Ivoire, la filière demeure perturbée par les manifestations post-électorales. Rappelons que la semaine dernière, soit juste après le scrutin, les arrivages de fèves aux ports avaient chuté de moitié en début de semaine puis ils avaient repris. Mais cette semaine, la situation pour acheminer le cacao a de nouveau été compliqué car des routes ont été bloquées dans des zones cacaoyères de l’ouest et du sud-ouest du pays. Nombreux sont les acheteurs à ne pas vouloir prendre de risques avec leurs camion et matériel.

Ceci dit, la situation dans la filière cacao ne semble pas si alarmante au regard des chiffres d’arrivages aux ports communiqués par les exportateurs à Reuters. Selon leurs estimations, entre le 2 et le 8 novembre, soit la semaine dernière, 35 000 t seraient arrivées à Abidjan et 44 000 t à San Pedro, soit un total de 79 000 t contre 84 000 t la campagne dernière sur cette même semaine. Et on a encore une belle longueur d’avance sur la dernière campagne puisque du 1er octobre au 8 novembre, les arrivages totaliseraient 485 000 t, toujours selon les exportateurs, contre 449 000 t sur la même période la campagne dernière, affichant une progression de 8%.

Mais la situation demeure très tendue. Selon l’ONU, le nombre de personnes qui ont fui la Côte d’Ivoire depuis les élections serait de plus de 8 000, allant notamment au Liberia. Un responsable d’une société d’exportation de cacao à Abidjan a indiqué à Reuters que si la situation ralentirait les achats, il était encore difficile de savoir de combien.

Mais, regardons le bon côté des choses : les volumes de cacao transformés en Côte d’Ivoire au mois d’octobre ont totalisé 49 000 t, en hausse de 4% sur les 47 000 t d’octobre 2019, selon les chiffres de l’association d’exportateurs Gepex qui regroupe Barry Calelbaut, Olam et Cargill sur les 12 entreprises effectuant de la transformation de fèves dans le pays.

Côté entreprises, le géant suisse des produits cacao et chocolatés Barry Callebaut s’est déclaré cette semaine confiant quant aux perspectives à moyen terme même si les volumes sont nettement en bernes sur l’exercice qui a couru du 1er septembre 2019 au 31 août 2020 (lire nos informations : L‘insolent dynamisme des achats asiatiques de chocolat à Barry Callebaut). Son volume de ventes a baissé de 2 % à 2 095 982 tonnes (t), suite à la pandémie de Covid-19, soit moins que ce à quoi s’attendait le marché. « Après une baisse de -14,3 % au troisième trimestre, alors que la pandémie faisait rage, les volumes des ventes ont repris –comme prévu– au quatrième trimestre (-4,3 %) » de l’exercice, souligne le groupe. Le volume des ventes de l’activité chocolat a baissé de 2,1 % et celui des confiseries chocolatées de 0,3 % au cours de l’exercice sous revue. Le volume de ventes a baissé de -3,6% en Europe-Moyen Orient-Afrique à 945 640 t, de -1,4% à 565 650 t dans les Amériques mais a bondi de 7,4% en Asie-Pacifique, mais tout en demeurant nettement inférieurs en volumes que les autres régions, à 127 306 t.

CAFÉ

Le café a été gaillard cette semaine ! La livre (lb) d’Arabica est passée de $ 1,0695 vendredi dernier à $ 1,1015 hier soir, tandis que le Robusta à Londres évoluait de $ 1 350 la tonne à $ 1 416 sur l’échéance janvier.

Pourtant, on ne manque pas de café ! Le Brésil a annoncé hier avoir exporté 4,1 millions de sacs (Ms) de 60 kg en octobre, que ce soit du café vert, soluble, torréfié. Ceci représente un bond de 11,5% par rapport à octobre 2019, selon le groupe Cecafé. De ce total, l’Arabica a représenté 81,4%. Le café vert a totalisé 3,8 Ms, ce qui représente une progression de 14,4%. En revanche, le prix moyen du sac de café a été de $ 124,52, donc 2,7% plus bas.

Au Vietnam, on attend encore un nouveau typhon alors qu’il pleut abondamment dans les région de production depuis un mois maintenant ; ceci retarde les activités de cueillette et l’arrivée du café de la nouvelle récolte. Selon les traders, il est encore trop tôt pour déterminer si ces pluies ont endommagé la production. « S’il fait soleil après ce typhon, alors les grains seront à leur meilleure qualité », explique un trader à Reuters. Les prix d’achats aux planteurs dans la ceinture caféière des Central Highlands ont bien grimpé cette semaine, se situant dans une fourchette allant de 33 800 à 34 200 dongs le kilo ($ 1,46 à $ 1,48) contre 33 200 dongs la semaine dernière. A l’export, le Grade 2, 5% brisures et grains noirs, aurait eu moins de succès cette semaine que la dernière, avec une prime sur le contrat janvier à Londres de $ 120-140 contre $ 170-180 la semaine dernière.

Au Vietnam encore, les exportations de café sur le mois d’octobre ont chuté de 8,4% par rapport à septembre, à 91 372 t, mais ce qui est normal puisqu’on est en fin de campagne.

En Indonésie, la prime par rapport à l’échéance novembre à Londres pour une tonne de Robusta de Sumatra n’était plus que de $ 250 cette semaine étant donné la hausse des cours mondiaux. Parallèlement, les stocks, notamment à Lampong, diminuent puisque la récolte s’est achevée le mois dernier.

CAOUTCHOUC

Après avoir enregistré sa première perte hebdomadaire après quatre semaines de gains, les cours du caoutchouc ont rebondi pour atteindre jeudi 232,5 yens ($2,21) sur l’Osaka Exchange (OSE) contre 22,3 yens vendredi dernier. En revanche, sur le marché de Shanghai, les cours sont quasi stables à 14 490 yuans ($2 191,40) la tonne hier à la clôture. Sur l’OSE, la reprise des cours, comme celle des marchés financiers, a été soutenue par l’annonce par Pfizer de l’efficacité de son vaccin à plus de 90% mais aussi par les ventes automobiles en Chine qui ont encore progressé de 12,5% en octobre. « La forte demande de la Chine et la production limitée devraient soutenir le prix du caoutchouc naturel au cours du premier semestre de l’année prochaine », a déclaré Capital Economics dans une note.

L’Inde est susceptible d’imposer des droits antidumping sur le caoutchouc chimique PX-13 importé de Chine, des États-Unis et de Corée du Sud. La Direction générale des recours commerciaux (DGTR) a recommandé jeudi un droit de douane de l’ordre de $81,76 à $1570 la tonne sur la base d’une demande déposée par Nocil. Le caoutchouc chimique PX-13 est une matière première clé utilisée dans le secteur du pneu et du caoutchouc non pneumatique. L’autorité a conclut provisoirement que les marchandises ont été exportées vers l’Inde à partir des pays visés à des prix sous-évalués et que la branche de production nationale a subi un dommage sensible. « Ayant ouvert et mené l’enquête sur le dumping, le dommage et le lien de causalité au regard des dispositions énoncées dans les règles antidumping, l’Autorité est d’avis d’instituer un droit provisoire nécessaire pour compenser le dumping et le préjudice, en attendant la conclusion de l’enquête », a déclaré la DGTR dans une notification.

En Malaisie, la production de caoutchouc naturel a augmenté de 3,7% pour atteindre 46 187 tonnes en septembre, contre 44 543 tonnes le mois précédent, mais en recul de 25,2% par rapport à septembre 2019, selon département malaisien des statistiques. Les exportations ont progressé de 14,2 % à 48 720 tonnes. La Chine reste la principale destination des exportations (46 % des exportations totales) et les gants en caoutchouc, le principal produit d’exportation en septembre, en hausse de 25,6% à 3,8 milliards de ringgits ($921 millions). Quant aux stocks, ils ont progressé de 9,3% à 255 140 tonnes. Enfin, les prix se sont appréciés en septembre avec un prix moyen du latex concentré a 484,57 sen par kg et le SMR 20 à 558,50 sen par kg contre 538,68 sen par kg En revanche, la consommation intérieure a baissé de 2,9% à 45 207 tonnes.

Au Vietnam, l’Association du caoutchouc du Vietnam (VRA) a lancé le 11 novembre un projet de promotion de la conformité du système de garantie de la légalité du bois du Vietnam (VNTLAS) dans l’industrie du caoutchouc du Vietnam. Mis en œuvre avec la FAO et de l’Administration de la sylviculture du Vietnam, le projet aide les petits producteurs et les entreprises de caoutchouc à améliorer leur capacité et à répondre aux exigences du VNTLAS dans la chaîne d’approvisionnement à petite échelle. Le but est de promouvoir le commerce des produits à partir de bois légal et la gestion durable des forêts.

COTON

Les cours du coton sont quasi inchangés cette semaine avec une clôture hier à 68,48 cents la livre. Ils ont été toutefois volatiles. Du côté des facteurs haussiers, comme sur les autres marchés, les perspectives d’un vaccin efficace, mais une inquiétude toujours présente sur la hausse des cas de coronavirus. De côté baissier, l’appréciation du dollars et un rapport sur l’offre et la demande mondiale de produits agricoles (WASDE) du département américain de l’Agriculture (USDA) où les estimations de la production américaine de coton ont été légèrement revues à la hausse à la surprise de la majorité des acteurs. Mais globalement le bilan est quasiment inchangé. Au niveau mondial, l’USDA a revu légèrement à la baisse la production – la forte baisse au Pakistan est partiellement pondérée par une hausse en Australie et en Chine – mais cela a été compensé par des stocks de départ plus élevés et une consommation aussi un peu moindre. Ainsi les stocks de clôture sont en hausse de 300 000 balles à 101,4 millions de balles. Avec la chute de la production au Pakistan, l’USDA anticipe une hausse du commerce (+ 605 000 balles) avec aussi une poussée des exportations du Brésil et de l’Australie.

En Inde, la production de coton devrait chuter de 1,1% par rapport à il y a un an à 35,6 millions de balles (6 Mt) en 2020/21, selon la Cotton Association of India (CAI). Une chute en dépit d’une hausse des superficies, les rendements ayant été affectés par une pluviométrie excessive et l’infestation du ver rose de la capsule. La consommation de coton, qui a plongé l’année précédente en raison de l’épidémie de coronavirus, devrait bondir de 32% par rapport à il y a un an pour atteindre 33 millions de balles lors de la nouvelle campagne de commercialisation lancée le 1er octobre.

HUILE DE PALME

C’est l’euphorie sur le marché de l’huile de palme avec des cours au plus haut de 8 ans à 3 395 ringgits ($822,43) atteint hier sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange, contre 3 181 ringgits vendredi dernier.

Un gain consécutif à la chute au mois d’octobre des stocks d’huile de palme en Malaisie à leur plus bas niveau depuis 2017, en baisse de 8, 6% par rapport à septembre à 1,57 millions de tonnes (Mt) selon publiés mardi par le Malaysian Palm Oil Board (MPOB). La production d’huile de palme brute d’octobre a baissé de 7,8% par rapport à septembre à 1,72 Mt tandis que les exportations d’huile de palme ont augmenté de 3,8% en glissement mensuel à 1,67 Mt.

« Les principaux facteurs influençant les prix sont l’impact de La Nina sur les approvisionnements en oléagineux et en huile de palme, les achats de la Chine pour constituer ses réserves de stocks et ses politiques sur les mandats de biodiesel », a déclaré Ivy Ng, responsable régional de la recherche sur les plantations au CGS-CIMB Research, dans une note. Les cours du pétrole ont repris des couleurs avec la perspective d’un vaccin efficace contre la Covid-19, ce qui contribue à rendre plus attrayante l’option du palmier à huile pour le biodiesel bien que l’huile comestible se négocie avec une prime de $445 par rapport au gazole, son niveau le plus élevé depuis près d’une décennie.

Toutefois, les exportations du 1er au 10 novembre ont chuté entre 17% et 19%, les expéditions vers l’Inde se contractant alors que les achats saisonniers avant le festival Diwali se terminaient, selon les données des inspecteurs. Les chiffres des exportations de novembre diminueront probablement de 9% d’un mois à l’autre, également parce que la demande dans l’hémisphère nord diminue pendant l’hiver, selon les analystes. L’huile de palme se solidifie dans le froid, incitant les consommateurs de pays comme l’Inde à passer à d’autres huiles comestibles. En outre, l’huile de palme perd son avantage comparatif avec les autres huiles, elle se négocie désormais à une prime supérieure à celle de l’huile de soja concurrente au Chicago Board of Trade (CBT).

Enfin, la demande mondiale d’huile de palme devrait se contracter de 4% ou 3,2 Mt en raison de l’impact de la Covid-19, qui a principalement affecté le secteur alimentaire, estime le Malaysian Palm Oil Council (MPOC).

En Indonésie, premier producteur mondial, la production d’huile de palme montre des signes de reprise avec une hausse constante au cours des trois derniers mois. Ainsi, elle a atteint 3,85 millions de tonnes (Mt) en juillet, puis 4,38 Mt en août et 4,73 Mt selon l’Indonesian Palm Oil Association (Gapki). Toutefois, d’une année sur l’autre, la production jusqu’en septembre 2020 était de 4,7% inférieure à celle de la même période de 2019. La consommation intérieure a également augmenté régulièrement au cours des quatre derniers mois, atteignant 667 000 tonnes en septembre 2020. Sur une base annuelle et au cours de l’année se terminant le 30 septembre 2020, elle affiche néanmoins une baisse de 15,8% par rapport à la période de l’année précédente. Quant aux exportations, elles ont augmenté de 3% à 2,76 Mt en septembre, mais sont également en baisse de 15% par rapport à septembre 2019. Les stocks ont progressé de 5,34 Mt contre 4,36 Mt en août.

RIZ

Les commandes des Philippines et de la Chine ont fait monter les prix au Vietnam tandis que l’appréciation du bath en Thaïlande a aussi soutenu les prix.

Au Vietnam, les prix du Viet 5% ont grimpé de $495-$500 la tonne contre $493-$497 grâce aux nouvelles commandes des Philippines et de la Chine au milieu d’approvisionnements intérieurs faibles avec une récolte automne-hiver en cours se terminant ce mois-ci. Les exportations de riz ont chuté de 5,8% en octobre par rapport au mois dernier pour pour s’établir à 362 930 tonnes. Sur les 10 premiers mois de l’année, les expéditions totales reculent de 2,8% par rapport à l’année précédente à 5,35 Mt.

En Thaïlande, les prix du Thaï 5% ont progressé à $470-$485 la tonne contre $455-$458 la semaine dernière avec l’appréciation du bath à un plus haut de 10 mois.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% sont inchangés à $366 et $370 la tonne tandis que les approvisionnements de la nouvelle saison augmentent mais avec une demande à l’exportation plutôt faible.

En Corée du Sud, la production de riz est tombée à son plus bas niveau en 52 ans en 2020 alors qu’une saison des pluies record et des typhons ont entravé la production. Elle s’est élevée à 3,51 millions de tonnes (Mt) cette année, en baisse de 6,4 % par rapport à 2019, selon l’organisme des statistiques de Corée. C’est aussi la quatrième année consécutive, que le niveau de la production annuelle de riz se situe en dessous de 4 Mt. Outre les conditions météorologiques sont aussi en cause la baisse constante des superficies.

En Inde, l’élection du président Joe Biden est regardée positivement par les exportateurs de riz basmati. L’un des plus grands producteurs de riz du pays KRBL s’attend à ce que les exportations de riz basmati vers l’Iran augmentent si le président élu américain Joe Biden assouplit les sanctions contre le pays du golfe Persique. Les sanctions américaines imposées en 2018 ont nui aux exportations indiennes vers l’Iran, qui achetait environ un tiers des expéditions de basmati indien.

SUCRE

Sur le marché du sucre, c’est encore la fête ! Le roux à New York flirte toujours avec les 15 cents, passant de 14,91 cents la livre (lb) vendredi dernier à 14,99 cents hier soir sur l’échéance mars. Le blanc, quant à lui, a aussi grimpé, de $ 400,30 la tonne en fin de semaine dernière à Londres à $ 407,40 hier soir sur le contrat décembre qui expire aujourd’hui.

Les autorités indiennes se sont enfin exprimées ! Rappelons que ce pays, premier consommateur mondial de sucre, ploie sous les volumes de sucre dans ses entrepôts, ce qui plombe les prix sur le marché local et met en péril l’équilibre financier des raffineurs et traders locaux. Aussi, depuis deux ans, le gouvernement indien subventionne les exportations de sucre afin de soutenir le prix local pour qu’il soit rémunérateur pour la filière ou du moins que ses acteurs n’enregistrent pas une perte lourde et sèche. L’annonce se faisait avant le démarrage de la nouvelle récolte, soit avant le 1er octobre. Mais cette année, le gouvernement ne s’est pas prononcé, voulant, estime-t-on, laisser passer les élections régionales du Bihar, un Etat stratégique en Inde, un des plus pauvres avec ses 124 millions d’habitants. Or, le parti du Premier ministre Narendra Modi l’a remporté, certes de justesse. Sitôt, le gouvernement a laissé filtré que des incitations pourraient être données pour l’exportation de 6 Mt sur 2020/21 mais reste à fixer le niveau de subvention. Les négociations seraient en cours avec l’industrie, l’important pour le gouvernement étant que les planteurs ne soient pas payés avec retard. Selon des informations obtenues par Reuters, la subvention pourrait être inférieure à celle des années précédentes grâce au rebond de 13% du prix du sucre sur le marché mondial depuis le 1er octobre. Rappelons que durant la campagne 2019/20, qui s’est donc achevée le 30 septembre, la subvention était de 10 448 roupies ($ 142) la tonne, ce qui a permis à l’Inde d’exporter 5,7 Mt.

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