Burkina Faso/2 Octobre 1983 : le discours d’orientation politique du Conseil national de la Révolution

Dans un discours radiodiffusé le 4 aout 1983, le Capitaine Thomas Sankara en ces termes précisait la nature des évènements en cours : « Aujourd’hui encore, les soldats, sous-officiers et officiers de l’Armée nationale et des forces paramilitaires se sont vus obligés d’intervenir dans la conduite des affaires de l’Etat pour rendre à notre pays son indépendance et sa liberté et à notre peuple sa dignité. »
Et de préciser les objectifs poursuivis par le mouvement : « pour réaliser ces objectifs d’honneur, de dignité, d’indépendance véritable et de progrès pour la Haute-Volta et pour son peuple, le mouvement actuel des Forces armées voltaïques tirant les leçons des amères expériences du CSP, a constitué ce jour, 4 août 1983, le Conseil national de la révolution (CNR) qui assume désormais le pouvoir d’État… »
Pour ce discours, le Capitaine Thomas Sankara donnait le ton et la gestion du pouvoir d’Etat par les militaires associés avec les forces progressistes civiles présageait d’une rupture aussi bien dans la forme que dans le fond. Dès ce 4 aout 1983, le CNR invitait le peuple à constituer partout dans le pays des comités de Défense de la Révolution (CDR).
Le capitaine Thomas Sankara dans un discours d’orientation politique (DOP) le 2 octobre 1983 précisera la vision politique du CNR et les ambitions qu’il formule pour le peuple de Haute Volta. Le DOP est une première dans l’histoire politique de la Haute Volta ou un régime politique dans un document cohérent et complet décline les grands axes de sa vision politique et de son programme de gouvernement. Le DOP plus qu’un document prospectif, indique des pistes de solutions pour la kyrielle de problèmes auxquels la Haute Volta est confrontée depuis son accession à l’indépendance en 1960.
Après avoir fait le bilan sans complaisance de vingt-trois (23) années de gestion néocoloniale de la Haute Volta marquée par 23 années d’exploitation et de domination impérialiste, le DOP annonce l’avènement d’une société nouvelle voltaïque débarrassée de tous les maux qui maintiennent notre pays dans une situation de pauvreté et d’arriération économique et culturelle.
Le DOP précise très clairement le caractère et la portée de la révolution d’aout en donnant des indications sur l’étape de la lutte à laquelle les voltaïques étaient confrontés. La caractéristique principale était que cette révolution était Démocratique et populaire. La révolution s’engageait résolument dans la lutte anti-impérialiste et toute forme de domination néocoloniale. Elle se voulait démocratique et populaire à travers une gestion du pouvoir de l’immense majorité au profit de l’immense majorité. D’où l’appellation de la révolution d’aout 1983, la Révolution Démocratique et Populaire (RDP)
A cet égard, les comités de défense de la révolution (CDR) constituaient l’organisation authentique du peuple dans l’exercice du pouvoir révolutionnaire. Pour le CNR, les CDR sont les instruments que le peuple s’est forgé pour se rendre véritablement souverain de son destin et étendre de ce fait son contrôle dans tous les domaines de la société.
Pendant les quatre (4) années de gestion du pouvoir par le CNR, la société et l’économie burkinabè connaitront de profonds bouleversements et aucun domaine, aucun secteur de l’activité politique, économique, sociale et culturelle ne sera épargné.
C’est aujourd’hui le moment de rendre un hommage mérité à tous les camarades aux cotés de Valère Somé et du Président Thomas Sankara ont contribué à la rédaction de ce document fondateur qui reste malgré le temps, 37 ans après, toujours d’actualité.

Salifou Tiemtoré

Partager

Laisser un commentaire