Bobo-Dioulasso: les dessous d’une crise au conseil municipal

Le conseil municipal de la commune de Bobo-Dioulasso traverse depuis quelques temps dans une crise. Et pour cause, le maire central, Bourahima Sanou et certains maires d’arrondissements ne sont pas sur la même longueur d’onde quant à la gestion de la commune. La tension est monté crescendo, le jeudi 16 juillet dernier, où la 1ère session du conseil municipal, convoquée par Bourahima Sanou a été boycotté par une bonne partie des conseillers obligeant ainsi, l’édile de la ville de Sya d’ajourner la session faute de quorum.

Plus rien ne va entre le maire de Bobo-Dioulasso, Bourahima Sanou et certains maires d’arrondissements. La pomme de discorde, la gestion de l’édile de la ville de Sya. Pour les frondeurs Bourahima Sanou ne travaille pas à instaurer un cadre favorable de dialogue entre les conseillers. Pis, l’édile central, foi des frondeurs fait cavalier seul quant-il s’agisse des questions importantes qui devraient être débattues en plénière.

A en croire, Bakoné Millogo, maire de l’arrondissement 4 de la ville de Bobo-Dioulasso, le maire de la commune qui est censé être celui-là qui facilite les relations entre les maires d’arrondissement et lui, a travaillé à ne pas offrir un cadre favorable de dialogue. Toute chose que les maires d’arrondissement l’ont toujours reproché.

Selon lui, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui a conduit au boycott de la session du conseil municipal a été le fait que Bourahima Sanou ait organisé une rencontre avec les maires d’arrondissements pour parler de l’arbitrage du budget.

« Nous avions profité de l’occasion pour le rencontrer avant la réunion pour débattre avec lui sur des questions telles la diminution de notre budget de fonctionnement de 30%, l’augmentation du carburant à 40 millions de franc CFA et son utilisation. Quand nous l’avions rencontré, il nous a dit que nous l’avions surpris et que tout ce que nous étions en train de dire était un procès d’intention contre lui. Nous lui avons rappelé qu’ils ne nous restaient que 10 mois avant la fin de notre mandat et si rien n’est fait nous risquons de ne pas avoir un bilan. C’est pourquoi nous voulions qu’il assume les points qui sont à l’ordre du jour de l’arbitrage et en débattre avec les maires d’arrondissements », relate Bakoné Millogo.

Sur ces entre fait, explique toujours Bakoné Millogo, le maire de la commune de Bobo-Dioulasso a convoqué une réunion de cabinet sans avoir pris le soin de convier les maires d’arrondissements. Toute chose qui a conduit les maires d’arrondissement à boycotter et la session d’arbitrage qui ne prenait pas en compte leurs points, à savoir la diminution de notre budget de fonctionnement de 30%, l’augmentation du carburant à 40 millions de franc CFA et son utilisation. Pour le maire de l’arrondissement 4 de Bobo-Dioulasso, l’édile de la capitale économique du Burkina Faso a un « sérieux » problème de communication avec les maires d’arrondissements.

« La collaboration avec le maire de la commune laisse à désirer. Sinon ce n’est pas une histoire de parcelles comme certains tente de le faire croire », a indiqué Bakoné Millogo.

Pour l’instant, le camp des frondeurs rejette l’idée d’une motion de défiance contre Bourahima Sanou, pour eux, le boycott de la session du conseil municipal est juste une interpellation de sorte à ce que le maire puisse reconsidérer sa position car, le développement de la commune de Bobo-Dioulasso en dépend.

« La session prochaine est programmée pour deux semaines (ndlr, le 30 juillet 2020) et à il verra que tout le monde sera là. Nous allons discuter. Si toutefois il tient mordicus sur sa position, nous allons aviser », a laissé entendre le maire de l’arrondissement 4 de Bobo.

« La commune de Bobo est cosmopolite et ne va pas en pâtir à cause de lui. Il n’est pas l’omnipotent, ni le dieu de la commune de Bobo-Dioulasso. Il y a beaucoup de compétences meilleures que lui qui sont là et qui peuvent apporter leur savoir à la commune. S’il ne veut pas revenir à de meilleurs sentiments cela voudrait dire qu’il est contre le développement de Bobo-Dioulasso » a martelé Bakoné Millogo.

Cette fronde faut-il le rappeler est menée par désormais 6 maires d’arrondissements, le maire de l’arrondissement 6 qui était au départ dans la lutte s’est désolidarisé à la dernière minute. Ce dernier pour sa défense a signifié que la gestion du maire ne lui posait pas problème. A contrario, il a dit être d’accord sur les points de revendications de ses collègues.

Bakoné Sanou a souligné que la fronde contre le maire central, n’est pas politique, car en dehors de la politique a-t-il fait savoir, « nous oeuvrons tous pour le développement et parler de politique serait détourner le débat ». Il a par ailleurs rassuré que la fronde ne va pas empêcher la construction de l’hôpital de référence de bobo-Dioulasso « parce que le projet de l’hôpital est un projet gouvernemental qui est aujourd’hui suivi par tous les ministères ».
Pour sa part, le maire Bourahima Sanou  a estimé que la fronde est menée par des conseillers MPP. Et le point d’achoppement est cette question de la décision du maire de la commune de suspendre les transactions immobilières des sociétés immobilières.

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