ALIZETA YANOGO A PROPOS DE L’INCIVISME AU BURKINA : « Pour remédier à l’incivisme dans notre pays, il faut cultiver la confiance dans les institutions »

Entrepreneure dans le BTP et dans la construction des forages. Elle est dans le domaine il y a de cela plus de 2 décennies. Présidente de l’Association femme citoyenne et développement durable, elle mène sur le terrain plusieurs activités de dons aux personnes vulnérables.  Sa conviction est faite : l’humanité gagnerait à mettre les femmes au niveau des instances de décisions. Alizéta Ouédraogo née Yanogo estime que la « pleine participation des femmes est essentielle à la réalisation d’un développement durable ». 

Parlez-nous de vos actions de solidarité sur le terrain à travers votre association Femme citoyenne et développement durable ?

Je le fais parce que les hommes passent, mais leurs actions sur terre restent éternelles. C’est ma philosophie . Alors le but de cette action est de venir en aide aux plus nécessiteux parce que tout le monde peut aider, car malheureusement on trouve plus pauvre que soi. 


Êtes-vous satisfaite après les premières actions menées sur le terrain ?

Je suis très satisfaite des premières actions. 


Selon vous, quels sont le rôle et l’importance des femmes dans la société d’aujourd’hui ? 

  Je dirais que les femmes ont un rôle vital dans la gestion de l’environnement et le développement. Ainsi, leur pleine participation est donc essentielle à la réalisation d’un développement durable.

Quels sont selon vous les principaux défis auxquels les femmes sont confrontées et comment pensez-vous, que l’on puisse y remédier ?
La pauvreté et l’inégalité sont deux faits sociaux qui contribuent à augmenter les risques d’insécurité et de violence auxquels sont confrontées de nombreuses  femmes. Il y aussi le manque d’accès aux autorités et aux mécanismes décisionnels puisqu’elles sont tenues à l’écart. A cela, il faut ajouter que la violence à l’égard des femmes est une réalité aujourd’hui et cela nuit au respect de leurs droits fondamentaux, à leur liberté, à leur dignité et réduit leurs chances et leurs opportunités d’améliorer leur condition de vie. Pour y remédier, je pense qu’il faut éliminer les obstacles à l’éducation des filles.

Pensez-vous que les femmes peuvent changer le monde ?
Bien sûr que les femmes peuvent changer le monde. Et cela passe nécessairement par leur autonomisation par le biais de l’éducation à tous les niveaux et particulièrement l’éducation supérieure(universités), qui permet d’offrir des options aux femmes et de leur donner des moyens de penser par elles-mêmes et d’être des agents du changement.

Quel regard portez-vous sur la gestion de la pandémie de COVID-19 au Burkina Faso ? 

Je pense que la gestion de la COVID-19 est plutôt bien, car on a pu limiter les dégâts et aucun gouvernement dans le monde ne s’était préparé pour faire face à cette pandémie. Regardez ce qui se passe aux USA et dans le reste du monde et vous comprendrez.

Nous sommes dans une situation de pandémie actuellement. Le système scolaire est perturbé. Quel regard portez-vous sur l’avenir de l’école au Burkina Faso en cette année scolaire 2019-2020 ?
Moi, personnellement, je suis optimiste qu’on s’en sortira si et seulement si tout le monde s’implique, c’est-à-dire le gouvernement, les enseignants, nous, les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes qui sont les premiers concernés tout en appliquant les mesures d’hygiène sanitaire édictées par nos autorités.

Le Burkina Faso est en proie au terrorisme depuis janvier 2016. Nombreuses sont ces femmes qui en sont victimes en témoigne leur forte présence dans les camps des déplacés. Selon vous quel peut être le rôle de la femme justement dans la lutte contre ce phénomène ?

Pour moi, je pense que notre rôle serait de sensibiliser et d’éduquer nos enfants sur les conséquences de ce fléau mondial. Puisque nous sommes les principales victimes à tous les niveaux.

Pour remédier à l’incivisme dans notre pays quel peut être l’apport de la femme ?
Pour remédier à l’incivisme dans notre pays, il faut cultiver la confiance dans les institutions, entre les acteurs publics et privés, la confiance en des valeurs communes et partagées, car pour moi, l’incivisme est dû à un manque de confiance entre gouvernés et gouvernants !

L’éducation est décriée dans nos sociétés actuellement. Selon vous  à qui la faute ? 

Il faut surtout qu’on évite d’accuser les enseignants, car l’éducation est une responsabilité partagée entre tous : gouvernement, écoles, enseignants, parents et acteurs privés. Ainsi, tout le monde est impliqué.

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