Fermeture du Brafaso : Un manque à gagner pour la Commune de Komsilga

Réouverture de Brafaso
Il faut une thérapie de choc

En 2002, les premières bouteilles en plastique contenant de la sucrerie sortaient de l’usine de la Brasserie du Faso (BRAFASO). La commune de Komsilga, à quelques encablures de Ouagadougou avait offert plusieurs hectares au promoteur de la brasserie Pangueba Mohamed Sogli pour plusieurs raisons. La première était que les fils de la commune et principalement du village dans lequel l’usine était implantée allaient sortir du chômage. Il y avait plus de 600 emplois destinés aux jeunes. La deuxième raison, pour le développement d’un pays, l’agriculture et l’industrie sont les deux moteurs. La dernière raison, c’était un honneur pour la commune et le village de Silmissin d’abriter une aussi gigantesque infrastructure. BRAFASO a fait son chemin pendant quelques années jusqu’à ce que les difficultés surgissent annihilant du même coup son fonctionnement et l’intérêt qu’avaient les populations riveraines particulièrement et l’ensemble du peuple du Burkina Faso. Les problèmes sont nés au moment où l’usine travaillait à la diversification de ses produits. En effet en plus de la sucrerie, l’usine avait étendu sa capacité et était prêt à offrir aux consommateurs une gamme variée de bières.

Plusieurs milliards de F CFA ont été mis dans l’escarcelle pour la réussite des activités de la brasserie, mais les facteurs défavorables liés aux différents aléas ont occasionné l’arrêt du travail de l’usine. La justice s’est saisie du dossier et a prononcé la liquidation de l’usine. Malgré la décision de la justice, le Premier ministre d’alors, Luc Adolphe Tiao avait effectué un déplacement à l’usine accompagné de quelques-uns de ses ministres pour voir l’ampleur de l’effort accompli et le malheur survenu qui a fait mettre ses clés sous le paillasson. A l’issue de la visité, il avait dit ceci : « Nous sommes dans un Etat de droit. Il y a eu une décision de justice que nous respectons. Mais cette décision n’enlève rien à ce qui a été réalisé à Silmissin». Il ajoutait qu’à : « l’issue de la visite, je suis surpris qu’on n’ait pas pu faire quelque chose pour éviter sur le plan juridique, la liquidation de l’usine. Lorsqu’on s’aperçoit de l’importance de cet investissement, on ne peut que féliciter le promoteur pour son ambition».

Après la fermeture de l’usine plusieurs centaines de personnes ont perdu leurs emplois. Ce qui a engendré une précarité intenable. Ceux qui sont devenus à nouveau chômeurs ont du mal à subvenir à leurs besoins essentiels. Ils ont du mal aussi à le faire pour ceux dont ils ont la charge. La commune rurale de Komsilga qui était bénéficiaire par le fait du choix du site de l’usine qui se trouvait dans son ressort territoriale s’en tire à mauvais compte. Silmissin ne connait plus l’animation du temps où l’usine fonctionnait. Les activités connexes au fonctionnement de la brasserie sont aux arrêts. Pour illustrer les vendeurs et vendeuses d’articles, les restaurateurs et restauratrices qui menaient des activités aux alentours de l’usine ont dû changer d’activité ou se tournent les pouces. L’Etat étant une continuité, la décision des anciennes autorités de venir à la rescousse de l’outil des travailleurs qui était la brasserie doit être remise au goût du jour. Des centaines de personnes sont laissés en rade. Il y a un manque à gagner en termes d’industrialisation, si les nouvelles autorités pouvaient faire diligence pour la réouverture de la brasserie, ce ne serait que justice pour les employés, pour la commune rurale, pour le village et le Burkina Faso. Le dossier devait être avancé, puisque des mesures avaient été pris en Conseil des ministres si, on a bonne mémoire, mais on n’avait pas pu à l’époque les concrétisées en acte. Les uns et les autres qui sont concernés de prêt ou de loin par la problématique de la fermeture de l’usine Brafaso se réjouiront de voir ce dossier revenir sur la table des décideurs afin qu’une solution de sa réouverture soit trouvé à nouveau. Au niveau de la commune de Komsilga des actions aussi doivent être menées par les autorités communales. Des actions de plaidoyers à qui de droit pour que l’outil de développement qui est l’usine redémarre pour le bonheur des employés et par ricochet pour le bonheur de l’ensemble de bénéficiaire dans la commune. Il faut vite sauver Brafaso, car des milliards de F CFA d’investissements et de matériels de travail sont en train de se détiorer sur un site devenu un nid pour les reptiles…

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